Dans le cadre de la visite d’État qu’il effectue en République française, la première d’un Chef d’État gabonais en France depuis 42 ans, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, a accordé un entretien au quotidien français Le Figaro.
Dans cet échange avec le journaliste Tanguy Berthemet, le Chef de l’État expose la vision qui guide désormais la politique étrangère du Gabon : celle d’une Afrique qui a profondément changé et qui aspire à des relations internationales fondées sur le respect, la souveraineté et l’équité.
À travers cet entretien, le Numéro Un Gabonais pose un constat qu’il considère essentiel pour comprendre les évolutions actuelles du continent. Pour lui, les difficultés rencontrées par certains partenaires historiques en Afrique ne trouvent pas leur origine dans l’arrivée de nouvelles puissances, mais dans la persistance de méthodes qui ne correspondent plus aux réalités africaines du XXIᵉ siècle.
Le Chef de l’État rappelle que l’Afrique d’aujourd’hui n’est plus celle des indépendances. Elle dispose à présent de compétences nationales, d’une nouvelle génération de technocrates, d’ingénieurs, de juristes, d’économistes et de cadres de haut niveau, capables de concevoir, négocier et conduire les politiques publiques avec une expertise comparable à celle des grandes nations.
Cette évolution, explique-t-il, transforme naturellement la manière dont les États africains envisagent leurs relations avec leurs partenaires.
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, cette nouvelle réalité impose un changement de paradigme. Le temps des relations fondées sur des logiques héritées d’une autre époque doit céder la place à des partenariats gagnants-gagnants où chaque État est respecté dans sa souveraineté et où les intérêts des populations occupent une place centrale.
C’est dans cet esprit que s’inscrit la visite d’État effectuée en France. 42 années se sont écoulées depuis qu’un Président Gabonais avait été reçu à ce niveau de protocole par les autorités françaises. Pour le Chef de l’Exécutif cette séquence diplomatique ne traduit ni une volonté de revenir à des schémas anciens, ni une quelconque relation de dépendance. Elle marque plutôt l’ouverture d’une nouvelle étape des relations franco-gabonaises, fondée sur un dialogue entre partenaires souverains.
Dans son entretien, le Numéro Un Gabonais souligne que le Gabon ne vient pas solliciter des privilèges ou des traitements particuliers. Le pays entend construire des partenariats équilibrés, dans lesquels chacune des parties trouve un intérêt mutuel. Cette approche, explique-t-il, repose sur le principe d’équité, loin des mécanismes de rente qui ont longtemps caractérisé certaines relations économiques entre l’Afrique et ses partenaires.
Le Chef de l’État insiste aussi sur le fait que cette évolution ne vise aucun pays en particulier. Le Gabon ne s’inscrit pas dans une logique de confrontation ou d’opposition. Il défend au contraire une diplomatie d’ouverture, fondée sur le dialogue avec l’ensemble des partenaires internationaux. L’objectif est de bâtir des coopérations plus modernes, plus transparentes et davantage adaptées aux priorités nationales.
Cette orientation diplomatique s’inscrit dans une dynamique plus large engagée depuis le 30 août 2023 et consolidée par l’élection présidentielle d’avril 2025, qui a consacré le retour à l’ordre constitutionnel et au pouvoir civil. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le renforcement des institutions, la restauration de la crédibilité internationale du Gabon et la défense des intérêts nationaux procèdent d’une même ambition : repositionner le pays comme un acteur souverain, respecté et pleinement maître de son destin.
Par le biais de cet entretien accordé au Figaro, le Président de la République expose ainsi les fondements d’une nouvelle doctrine diplomatique gabonaise. Une doctrine qui ne remet pas en cause les partenariats historiques, mais qui invite à les réinventer à la lumière des réalités actuelles.
Pour Libreville, changer de paradigme ne signifie pas changer de camp ; cela consiste avant tout à construire des relations plus équilibrées, où le respect mutuel, la souveraineté des États et la recherche d’intérêts partagés deviennent les piliers de la coopération internationale.










