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SEEG : et si le débat n’était plus celui de la souveraineté, mais celui de la compétence ?

La Rédaction by La Rédaction
20 juin 2026
in Analyse
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SEEG : et si le débat n’était plus celui de la souveraineté, mais celui de la compétence ?

C’est la question qui se pose désormais au vue des faits et des enjeux de l’heure. En effet de plus plusieurs années déjà, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait de l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité l’une des priorités majeures de son action. Rarement, dans l’histoire récente du Gabon, un exécutif aura mobilisé autant de ressources financières pour tenter de résoudre les difficultés chroniques de ces deux secteurs essentiels.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Plus de 35 milliards de FCFA ont été engagés pour renforcer le réseau électrique à travers l’acquisition de transformateurs de basse et haute tension. Huit milliards supplémentaires ont été consacrés à la réalisation de forages dans le Grand Libreville afin d’apporter des réponses d’urgence aux populations confrontées aux pénuries d’eau.

Face aux difficultés persistantes de production d’électricité, l’État a également mobilisé près de 12 milliards de FCFA pour l’acquisition de groupes électrogènes destinés à soutenir plusieurs provinces régulièrement affectées par les délestages.

Au-delà de ces mesures d’urgence, l’État a engagé un programme beaucoup plus ambitieux avec la construction de nouvelles centrales thermiques représentant près de 800 milliards de FCFA d’investissements. Dans le secteur de l’eau, après les difficultés rencontrées par le projet PIAEPAL, un partenariat stratégique a été conclu avec SUEZ pour un programme d’amélioration et de sécurisation de l’alimentation en eau potable évalué à environ 115 milliards de FCFA.

Au total, ce sont près de 1 000 milliards de FCFA qui ont été mobilisés directement ou indirectement pour améliorer durablement l’accès des Gabonais à l’eau et à l’électricité.

Pourtant, malgré cet effort financier considérable, les résultats attendus tardent à se matérialiser. Les délestages demeurent fréquents, les coupures d’eau persistent et l’exaspération des populations ne cesse de grandir.

Cette situation pose une question fondamentale : le problème de la SEEG est-il avant tout un problème de financement ou un problème de gouvernance, d’organisation et de compétences ?

Ce qui est sûr c’est que la faute ne peut pas être mise sur le gouvernement ou une simple volonté. Ce n’est un secret pour personne que certaines difficultés opérationnelles ont fortement limité l’impact de ces investissements. On se souvient de l’incapacité de ertains techniciens de la SEEG à brancher certains groupes électrogènes. D’autres équipements sont tombés en panne, à l’image de la situation observée à Makokou où, un technicien a confondu de l’eau avec du gasoil. Comment comprendre qu’un ingénieur puisse confondre de l’eau et du gasoil ? Cela relève soit d’une incompétence notoire, soit d’une volonté manifeste de saboter les efforts engagés par l’Exécutif.

Des interrogations persistent sur l’efficacité opérationnelle, la gouvernance interne, la gestion des ressources humaines ainsi que la capacité de l’entreprise à transformer les investissements consentis en amélioration tangible du service public.

Le débat mérite d’être posé avec lucidité et sans tabou.

En 2022, la nomination d’un dirigeant étranger à la tête de la société avait suscité une forte contestation au nom de la souveraineté nationale et de la capacité des Gabonais à gérer eux-mêmes cet outil stratégique. Quatre ans plus tard, il est légitime de s’interroger sur les résultats obtenus.

La souveraineté ne peut être un slogan. Elle doit produire des résultats. Dans des secteurs aussi vitaux que l’eau et l’électricité, le patriotisme ne saurait se substituer à la compétence, à la rigueur managériale et à la performance.

L’exemple d’Assala Gabon démontre que la nationalisation peut réussir lorsqu’elle s’accompagne d’une gouvernance efficace, d’objectifs clairs et d’une culture de résultats. Pourquoi la même dynamique peine-t-elle à s’imposer à la SEEG ?

Face à l’urgence sociale, il est désormais clair qu’une réforme profonde du modèle actuel est nécessaire. Parmi les pistes évoquées figurent l’ouverture accrue à l’expertise internationale, la séparation des activités eau et électricité, ou encore un retour partiel à la gestion privée sous des formes adaptées aux intérêts nationaux.

De nombreux pays africains ont expérimenté différents modèles associant État et opérateurs privés. L’essentiel n’est pas la nationalité du gestionnaire, mais sa capacité à garantir un service continu, performant et accessible aux populations.

Au fond, la véritable question est simple : les Gabonais veulent-ils avant tout un débat idéologique sur la souveraineté ou souhaitent-ils disposer quotidiennement d’eau dans leurs robinets et d’électricité dans leurs foyers ?

L’heure semble venue d’évaluer sans passion, mais avec exigence, les résultats obtenus. Si le modèle actuel ne produit pas les effets escomptés, alors toutes les options doivent pouvoir être examinées, y compris le recours à une expertise étrangère renforcée.

Car dans un secteur aussi stratégique, seule une exigence doit prévaloir : celle du résultat au service des populations.


La Rédaction

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