En marge du sommet Africa Forward Summit, le Président de la République, Chef de l’État et du Gouvernement, Son Excellence, gabonaise Brice Clotaire Oligui Nguema a eu un entretien qualifié de fraternel avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, figure majeure et doyen des chefs d’État d’Afrique de l’Ouest. Cette rencontre bilatérale, au-delà de la symbolique diplomatique, s’inscrit dans la continuité d’une relation historique bâtie depuis les présidences de feu Félix Houphouët-Boigny et feu Omar Bongo Ondimba.
À travers cette séquence politique, Libreville et Abidjan réaffirment une proximité stratégique ancienne, nourrie par des décennies de coopération politique, économique et humaine. De Houphouët à Bongo, d’Ouattara à Oligui : la même flamme, résume l’esprit de cette rencontre, qui traduit la volonté du chef de l’État de préserver et renforcer un axe diplomatique historiquement solide.
Une coopération économique déjà bien enracinée.
Au-delà des déclarations d’intention, la présence ivoirienne au Gabon se matérialise aujourd’hui par plusieurs investissements structurants. Des entreprises ivoiriennes participent activement à la transformation des infrastructures gabonaises, notamment dans les travaux routiers à travers des chantiers majeurs sur les axes Bifoun-Lambaréné, Bifoun-Ndjolé, Franceville-Mvengue ou encore Moabi.
Dans le domaine agroalimentaire, le groupe SIPRA, à travers la reprise de la SMAG, joue désormais un rôle central dans la stratégie gabonaise de développement de la filière avicole. Des acteurs ivoiriens sont aussi présents dans le secteur bancaire avec AFG Bank, mais aussi dans les activités minières et industrielles via le Groupe Porteo.
Cette dynamique économique témoigne d’une relation bilatérale fondée sur des intérêts mutuels et une confiance consolidée au fil des années.
Souveraineté alimentaire : le cap fixé pour janvier 2027
Lors de cette rencontre, la question de la souveraineté alimentaire a occupé une place importante. Le Gabon entend mettre fin à l’importation du poulet de chair à compter de janvier 2027. Une orientation stratégique qui a pour objectif spécifique de renforcer la production nationale et à réduire la dépendance extérieure.
Le développement de la filière avicole locale devient ainsi une priorité. Les autorités gabonaises souhaitent à présent voir les opérateurs présents dans le secteur produire localement du poulet destiné à la consommation, au-delà des poussins et des œufs déjà commercialisés.
Par le biais de cette ambition, l’Exécutif gabonais entend faire de l’autosuffisance alimentaire un levier majeur de souveraineté économique.
Abidjan, première étape d’une offensive diplomatique régionale
Cette rencontre avec le Président ivoirien intervient par ailleurs dans un contexte de redéploiement diplomatique du Gabon vers l’Afrique de l’Ouest. Le Chef de l’État prépare une tournée régionale qui devrait le conduire au Ghana, en Gambie et au Sénégal.
Le choix d’Abidjan comme première étape apparaît comme un signal politique fort, à la fois hommage au doyen des dirigeants ouest-africains et marqueur d’une nouvelle orientation diplomatique gabonaise davantage tournée vers l’intégration africaine.
Le Gabon ambitionne d’accueillir l’Union Africaine en 2027
Autre dossier majeur évoqué entre les deux chefs d’État : la candidature du Gabon à l’organisation de la réunion de coordination de l’Union Africaine en juillet 2027. Libreville souhaite obtenir le soutien politique de la Côte d’Ivoire pour porter cette ambition continentale.
Les autorités gabonaises mettent notamment en avant les nouvelles capacités infrastructurelles du pays, avec le récent Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, fruit de dix-huit mois de travaux et destiné à accueillir des rencontres internationales de haut niveau.
Ouattara sollicité comme médiateur auprès du FMI
Les échanges ont également porté sur les relations entre le Gabon et le Fonds monétaire international. Dans un contexte marqué par les discussions autour des réajustements économiques, le Numéro Un Gabonais a sollicité le leadership et l’expérience d’Alassane Ouattara afin de faciliter un dialogue plus apaisé avec l’institution financière internationale.
Libreville espère ainsi obtenir des mesures moins rigides pour les populations les plus vulnérables, tout en poursuivant ses engagements de redressement économique.
Par le biais de cette rencontre, le Gabon affiche donc une diplomatie de continuité, d’ouverture régionale et de consolidation stratégique. Entre mémoire des anciens liens et ambitions nouvelles, l’axe Libreville-Abidjan demeure plus que jamais un pilier des relations africaines.








