Brazzaville, 26 mai 2026. En marge des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), la première table ronde des bailleurs du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo s’est imposée comme un moment charnière de la diplomatie climatique africaine.
Réunis au Centre international de conférences de Kintélé, les chefs d’État et partenaires techniques et financiers ont engagé une discussion de haut niveau sur le financement durable du deuxième massif forestier tropical mondial.

Dans ce cadre, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, a illuminé la séquence par une intervention à forte portée stratégique, repositionnant le rôle du Gabon dans les négociations climatiques internationales.
Un basculement assumé : du registre de l’aide à celui du partenariat
Le discours du Numéro Un Gabonais s’inscrit dans une inflexion majeure du narratif africain. L’Afrique, longtemps placée dans une logique de sollicitation de financements compensatoires, revendique désormais une posture de co-construction.
Cette orientation repose sur une idée centrale : la contribution écologique du continent doit être reconnue comme un actif stratégique global et non comme une dette environnementale à compenser.

Dans cette logique, le Chef de l’État a défendu avec force et détermination une doctrine claire : l’Afrique ne demande plus l’aide, elle propose un partenariat structuré fondé sur la confiance, l’effet de levier et la durabilité. Une posture qui traduit une volonté de repositionnement géopolitique du continent dans l’architecture climatique mondiale.
Le Bassin du Congo, centre de gravité climatique mondial
Au cœur des échanges, le Bassin du Congo a été réaffirmé comme un espace stratégique majeur pour la stabilité climatique de la planète. Deuxième poumon forestier du monde après l’Amazonie, il constitue un régulateur essentiel des cycles hydriques et carbone, tout en soutenant des millions de vies humaines.

La table ronde de Brazzaville consacre ainsi une évolution doctrinale : ce territoire n’est plus perçu comme une périphérie écologique, mais comme un centre de stabilité climatique mondiale nécessitant des investissements structurants, prévisibles et massifs.

Le Gabon, une voix structurante de la transition verte africaine
Dans son intervention, le Président de la République a inscrit l’action du Gabon dans une trajectoire cohérente de transformation économique et écologique. Le pays défend une stratégie articulée autour de la souveraineté économique, de la diversification productive et de la transition écologique comme levier de développement.

Cette vision s’appuie sur le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030, qui ambitionne de repositionner l’économie gabonaise vers des secteurs à forte valeur ajoutée, tout en intégrant la préservation des ressources naturelles comme pilier de compétitivité.
Par cette prise de position, Libreville confirme son rôle de voix structurante au sein des enceintes régionales et multilatérales, notamment dans les espaces CEMAC et CEEAC.
Une diplomatie de résultats et non de déclarations
La rencontre de Brazzaville ouvre enfin une nouvelle exigence : celle du passage des engagements politiques aux réalisations concrètes. Dans un contexte de recomposition des financements internationaux, la crédibilité des États se mesure désormais à leur capacité à transformer les annonces en projets financés et opérationnels.








