Le Gabon dispose désormais d’une nouvelle évaluation officielle de ses engagements financiers. D’après un communiqué du Ministère de l’Économie et des Finances publié le 13 septembre 2026, le stock de dette et des autres passifs exigibles de l’État s’établissait à 9 524,643 milliards de FCFA au 31 décembre 2025.
Cette nouvelle donnée intervient au terme d’un processus de vérification engagé le 17 juin 2026. Mis en place par arrêté ministériel, le comité chargé de l’opération a procédé à l’examen, au rapprochement et à la consolidation des différentes créances et obligations financières de l’État, en s’appuyant sur les standards statistiques préconisés par le Fonds monétaire international (FMI).
Un écart de plus de 2 175 milliards de FCFA après vérification
L’évaluation réalisée avant l’audit faisait apparaître un volume d’environ 11 700 milliards de FCFA au titre de la dette et des passifs exigibles. Le montant finalement arrêté fait ressortir une différence de 2 175,357 milliards de FCFA, soit environ 18,6 % de l’estimation de départ.
Cette variation ne correspond pas à un remboursement réalisé par l’État au cours de la période d’audit. Elle résulte principalement du travail de contrôle effectué sur les données disponibles : rapprochement des informations, correction de certaines évaluations, reclassement éventuel de créances et exclusion des montants qui ne répondaient pas aux critères retenus.
Le Ministère n’a toutefois pas encore rendu publics les éléments permettant d’expliquer précisément cette différence. Le communiqué ne détaille notamment ni les catégories d’engagements concernées, ni les montants corrigés ou écartés. La répartition entre dette intérieure, dette extérieure, arriérés et autres passifs n’est pas davantage précisée.
La publication du rapport détaillé de l’audit devrait ainsi permettre de documenter davantage la composition du nouveau stock retenu et de comprendre les raisons de l’écart constaté entre l’évaluation initiale et le montant définitif.
Le ratio dette/PIB établi à 68,91 %
Sur la base d’une nouvelle estimation du produit intérieur brut (PIB), fixé à 13 822 milliards de FCFA pour l’année 2025, le Ministère établit le ratio des engagements financiers à 68,91 % du PIB.
Ce ratio signifie que le volume de dette et de passifs recensés correspond à un peu moins de 69 % de la richesse produite par l’économie gabonaise sur une année.
Le calcul intervient dans un contexte de rebasage des comptes nationaux, qui a conduit à une nouvelle appréciation de la taille de l’économie gabonaise. La diminution du ratio d’endettement tient donc à deux facteurs : la révision à la baisse du montant des engagements à l’issue de l’audit et l’actualisation de la valeur du PIB.
Un document destiné aux discussions avec le FMI
Les conclusions de l’exercice ont été transmises au Fonds monétaire international. Elles doivent notamment servir de référence dans les échanges entre les autorités gabonaises et leurs partenaires financiers, ainsi que dans l’élaboration de la prochaine stratégie nationale de gestion de la dette.
Le gouvernement annonce par ailleurs vouloir procéder au règlement progressif des sommes arrivées à échéance et mettre en place des mécanismes permettant de limiter la constitution de nouveaux arriérés.
Au-delà du nouveau montant officiellement retenu, l’audit ouvre donc une seconde étape : celle de la traçabilité et de la gestion des 9 524,643 milliards de FCFA recensés. La présentation détaillée de leur composition, ainsi que la programmation de leur règlement, constitueront les principaux éléments permettant d’apprécier la portée concrète de cette opération de clarification des comptes publics.










