Le Gabon franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa gouvernance publique. Les travaux du dialogue direct du deuxième cycle du mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) ont officiellement débuté ce lundi à Libreville, marquant l’ouverture d’une mission internationale destinée à évaluer les dispositifs nationaux de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le vice-président du Gouvernement, Hermann Imongault, a réaffirmé la volonté des plus hautes autorités de faire de la bonne gouvernance un pilier de l’action publique engagée sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
« La lutte contre la corruption occupe une place centrale dans les réformes engagées par le Gouvernement, car l’intégrité publique favorise l’action gouvernementale et sécurise l’investissement », a-t-il déclaré, soulignant que l’accueil de cette mission internationale traduit la détermination du Gabon à inscrire durablement la transparence et la redevabilité au cœur de son administration.
Cette mission d’évaluation s’inscrit dans le cadre du deuxième cycle du mécanisme d’examen de la Convention des Nations unies contre la corruption. Elle porte principalement sur deux volets essentiels : les mesures de prévention de la corruption prévues au chapitre II de la Convention et les mécanismes de recouvrement des avoirs traités au chapitre V.
Au-delà de son caractère technique, cet exercice constitue un véritable outil d’amélioration continue des politiques publiques.
Le président de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, Nestor Mbou, a rappelé que cette évaluation vise à identifier les bonnes pratiques déjà mises en œuvre, mesurer les progrès réalisés, analyser les défis persistants et formuler des recommandations concrètes susceptibles de renforcer l’efficacité du dispositif national de lutte contre la corruption.
L’objectif est de disposer d’un diagnostic partagé permettant au Gabon de consolider son architecture institutionnelle en matière de gouvernance et d’intégrité publique.
Pour garantir la crédibilité de l’exercice, la méthodologie retenue repose sur une double approche. Comme l’a expliqué le représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Mohamed Cherbal, les experts s’appuieront à la fois sur les réponses fournies par le Gabon dans le questionnaire officiel d’auto-évaluation et sur des auditions directes menées auprès des différentes institutions nationales pendant trois jours.
Ces échanges permettront d’apprécier de manière concrète l’effectivité des mécanismes gabonais de prévention de la corruption, de contrôle des institutions publiques et de recouvrement des avoirs.
Prévu jusqu’au 1er juillet, ce dialogue réunira les experts de l’ONUDC, les évaluateurs mandatés par la République du Tchad et l’État de Libye, ainsi que les représentants des administrations publiques, des institutions de contrôle, des autorités de régulation et de la société civile.
Cette démarche illustre le choix du Gabon de privilégier une approche participative et transparente, associant l’ensemble des acteurs concernés à l’évaluation des politiques publiques.
Le point focal national de l’ONUDC, le Commissaire Membre de la Commission Nationale de Lutte Contre la Corruption et l’Enrichissement Illicite (CNLCCEI) Séraphin Ondoumba, a d’ailleurs assuré que le Gabon abordait cette mission « dans un esprit d’ouverture, de responsabilité et de coopération », témoignant de la volonté des autorités d’inscrire cet exercice dans une logique de progrès plutôt que de simple conformité.
À l’issue de la mission, un rapport d’évaluation sera élaboré. Il formulera des recommandations destinées à renforcer les mécanismes nationaux de prévention et de lutte contre la corruption, à améliorer les procédures de recouvrement des avoirs et à consolider la confiance des citoyens comme des partenaires internationaux dans les institutions publiques.
À travers cet examen international, le Gabon confirme son ambition de poursuivre les réformes engagées pour moderniser la gouvernance publique, renforcer l’intégrité des institutions et créer un environnement plus favorable à l’investissement, au développement économique et à la consolidation de l’État de droit. Cette ouverture à l’évaluation par les pairs s’inscrit dans la dynamique de transformation institutionnelle impulsée par les autorités, avec pour objectif de faire de la transparence et de la bonne gouvernance des leviers durables de développement national.










