Ce lundi 10 novembre 2025, Libreville a été le théâtre d’un événement judiciaire sans précédent : l’ouverture du procès du « Clan Bongo-Valentin », qui marque une étape décisive dans la lutte contre la corruption et l’impunité au Gabon. La Cour criminelle spécialisée a ouvert la première audience dans un climat de rigueur, de transparence et de solennité, sous le regard attentif des médias nationaux et partenaires internationaux.
Dès l’ouverture, la Cour a procédé à l’appel des douze accusés, constatant l’absence de trois d’entre eux : Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin, régulièrement cités mais absents du territoire, seront jugés par contumace, tandis que Saliou Mohamed Ali, empêché pour raisons médicales, comparaitra lors de la prochaine audience. Les neuf autres accusés étaient présents dans le box, répondant aux accusations graves portées contre eux.
La décision de la Cour de disjoindre les procédures entre les absents et les présents témoigne de la maîtrise procédurale du système judiciaire gabonais. Elle permet de poursuivre le procès sans bloquer le calendrier, tout en respectant les droits de chaque accusé, conformément aux articles 379 et 380 du Code de procédure pénale. Cette démarche illustre l’équilibre entre efficacité judiciaire et respect des garanties légales.
Le procès met en lumière des faits précis : détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, corruption, concussion et association de malfaiteurs, le tout orchestré via un réseau complexe de sociétés-écrans et de comptes offshore. L’affaire éclaire la décennie de prédation qui a marqué l’ancien régime Bongo, révélant un État capturé où l’intérêt public a été confondu avec l’enrichissement personnel.
Sur le plan symbolique, ce procès représente la fin d’un cycle et le retour de la loi au-dessus du pouvoir. Comme le souligne un magistrat, « juger les Bongo, ce n’est pas juger une famille, c’est juger une époque ». La contumace, loin d’être une anomalie, est une procédure légale qui protège l’intégrité du procès tout en préservant les droits des accusés absents.
Pour les observateurs et la population gabonaise, cette première journée constitue un signal fort : la justice est indépendante, ferme et équitable. Elle ne se limite pas à sanctionner les individus, mais s’inscrit dans un projet de reconstruction morale et institutionnelle, entamé depuis la transition de 2023 sous la conduite du Président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le déroulement des prochaines audiences, prévu mercredi pour les accusés présents, dont Saliou Mohamed Ali, et la poursuite des dossiers des contumax, Sylvia et Noureddin Bongo, s’annonce sous le signe de la transparence et de la rigueur. Chaque étape de ce procès historique illustre la volonté de l’État gabonais de garantir la justice réparatrice, et non vindicative, et de restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Message clé : ce procès est celui de la vérité et de la souveraineté, un moment inédit où la justice gabonaise affirme que nul n’est au-dessus de la loi. Comme le rappelle un juriste proche du dossier : « Ce procès n’est pas celui du passé, mais celui de la responsabilité. Il appartient à la justice de dire le droit, et à la Nation de tourner la page, dans la vérité et la dignité. »
À travers ce procès, le Gabon entre dans une ère nouvelle de responsabilité et d’éthique publique, où les institutions reprennent le contrôle et où le principe d’égalité devant la loi s’impose avec force et clarté.










