Un Gabonais vient d’être appelé à assumer, à titre intérimaire, la direction du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), installé à Libreville. L’annonce a été rendue publique par les canaux officiels onusiens, confirmant la désignation de Parfait Onanga-Anyanga pour conduire cette structure stratégique en attendant la nomination d’un titulaire.
Déjà Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine et chef du Bureau des Nations unies auprès de l’UA, le diplomate gabonais ajoute ainsi une nouvelle responsabilité à un parcours international dense. Cette décision intervient à l’issue du mandat d’Abdou Abarry, qui a piloté l’UNOCA durant plusieurs années, dans un contexte régional particulièrement mouvant.
Un agenda sécuritaire sous tension
Le périmètre d’intervention de l’UNOCA couvre onze pays d’Afrique centrale, parmi lesquels les six États de la CEMAC, ainsi que le Rwanda, le Burundi, São Tomé-et-Príncipe et la République démocratique du Congo. Autant de territoires confrontés à des défis complexes : instabilité persistante en République centrafricaine, activisme jihadiste dans le bassin du lac Tchad, crispations communautaires et fragilités institutionnelles dans plusieurs capitales.
Dans ce climat marqué par des transitions politiques consécutives à des changements de régime, la continuité et la coordination entre les Nations unies et l’Union africaine apparaissent plus que jamais déterminantes. Le cumul des fonctions exercées par Parfait Onanga-Anyanga est ainsi perçu, au sein des cercles diplomatiques, comme un mécanisme destiné à renforcer l’articulation entre Addis-Abeba et le système onusien.
Figure familière des arènes multilatérales, le diplomate gabonais n’en est pas à son premier défi. Ancien chef de la MINUSCA, il a par ailleurs occupé des responsabilités stratégiques au sein du Secrétariat général, notamment comme chef de cabinet de la Vice-Secrétaire générale et envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique.
Son expérience des terrains sensibles et des négociations de haut niveau confère à sa désignation une portée qui dépasse la simple gestion intérimaire. Elle consacre surtout l’expertise d’un Gabonais dans l’une des zones les plus sensibles du continent.
Le fait qu’un diplomate gabonais soit appelé à diriger, même temporairement, une institution dont le siège se trouve à Libreville n’est pas anodin. Pour les observateurs, il s’agit d’un signal fort : le Gabon consolide sa place dans les mécanismes de gouvernance régionale et internationale.
Depuis l’accession à la magistrature suprême de Brice Clotaire Oligui Nguema, les succès diplomatiques se multiplient, traduisant une volonté assumée de repositionnement stratégique sur la scène africaine et mondiale. La visibilité accrue des cadres gabonais au sein des instances multilatérales participe de cette dynamique.
Au-delà de la symbolique, cette nomination s’inscrit dans une séquence où Libreville cherche à conjuguer stabilité intérieure et rayonnement extérieur. Et dans le langage feutré de la diplomatie, ces signaux comptent : ils disent la capacité d’un État à peser, à proposer et à accompagner les équilibres régionaux.
Pour le Gabon, la désignation de Parfait Onanga-Anyanga apparaît ainsi comme une reconnaissance internationale, mais aussi comme l’illustration parfaite d’un activisme diplomatique renouvelé.








