Face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable dans le Grand Libreville, les autorités gabonaises ont revu leur dispositif de gestion de la crise. À travers un nouveau communiqué rendu public le 2 juillet 2026, le Ministère de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie annonce la reprise des activités des transporteurs privés de livraison d’eau, désormais soumises à un encadrement rigoureux des prix et à de nouvelles exigences réglementaires.
Cette réorientation intervient moins de vingt-quatre heures après les mesures exceptionnelles prises dans le cadre de l’état d’urgence hydrique. Les pouvoirs publics avaient alors suspendu provisoirement les activités de plusieurs opérateurs et immobilisé 55 camions-citernes, estimant que certains acteurs profitaient de la pénurie pour imposer des tarifs abusifs aux populations. Cette décision, fondée sur les dispositions de la loi n°011/23, avait pour objectif de mettre un terme aux pratiques spéculatives observées sur le marché de l’eau potable.
Toutefois, la mise en œuvre de ces mesures a rapidement révélé certaines limites. Le numéro vert 18, instauré pour centraliser les demandes de livraison d’eau, s’est retrouvé fortement saturé en raison de l’afflux massif d’appels. Dans le même temps, plusieurs élus, représentants de la société civile et acteurs économiques ont exprimé leurs préoccupations quant aux risques de perturbation de l’approvisionnement des ménages.
Afin d’apporter une réponse adaptée à cette situation, le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence, Brice Clotaire Oligui Nguema, a instruit le Ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, d’engager des concertations avec les différents intervenants du secteur. Les échanges, organisés au Palais des Sports avec les propriétaires des véhicules précédemment immobilisés, ont permis d’aboutir à un nouveau schéma de distribution associant les Forces de défense et de sécurité aux opérateurs privés.
Dans cette nouvelle organisation, tous les transporteurs autorisés devront appliquer une mercuriale unique arrêtée par le gouvernement. Les tarifs officiels sont désormais fixés à 4 000 FCFA pour un mètre cube d’eau, 2 000 FCFA pour 500 litres, 800 FCFA pour 200 litres et 400 FCFA pour 100 litres.
Le Ministère précise aussi que cette grille tarifaire remplace les précédentes dispositions. Afin de limiter les charges supportées par les opérateurs et de préserver le pouvoir d’achat des populations, les livraisons bénéficieront d’une exonération des taxes habituellement perçues par les collectivités locales ainsi que par les administrations chargées des transports et du commerce.
Par ailleurs, les transporteurs privés sont appelés à régulariser leur situation administrative auprès de la Direction générale de l’Eau afin d’obtenir l’homologation officielle leur permettant d’exercer dans le cadre du dispositif gouvernemental.
Il est évident que cette réorganisation de l’Exécutif va concilier deux impératifs : garantir un accès rapide à l’eau potable pour les populations tout en mettant fin aux pratiques spéculatives qui ont accompagné la crise.
Le succès de cette nouvelle stratégie dépendra désormais de la coordination entre les services de l’État et les opérateurs privés, mais également du respect strict des tarifs réglementés et de l’efficacité du dispositif de contrôle mis en place.









