L’Exécutif a engagé une vaste offensive contre le commerce illicite de l’eau potable qui s’était développé dans le Grand Libreville. Sur Très Hautes Instructions du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, l’« État d’urgence hydrique » a été décrété avec effet immédiat afin de reprendre le contrôle de la distribution de l’eau, mettre fin à certaines pratiques et soulager les populations durement affectées par la pénurie.
Cette décision intervient à la suite de la rencontre directe entre le Chef de l’État et les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Les échanges ont permis de mettre en évidence l’existence d’un système organisé de commercialisation illégale de l’eau potable. Selon plusieurs sources concordantes, certains agents de la SEEG seraient impliqués dans ce dispositif, qui reposait sur des mécanismes de sous-traitance, de prête-noms et de groupements d’intérêts économiques opérant en dehors du cadre légal.
Profitant des difficultés d’approvisionnement, ce réseau imposait aux ménages des tarifs largement supérieurs aux prix désormais fixés par l’État. La livraison d’un mètre cube d’eau, équivalant à un cubitainer, était facturée entre 10 000 et 20 000 francs CFA, en violation de la réglementation en vigueur.
Pour mettre un terme à ces pratiques, le Gouvernement a fixé une nouvelle mercuriale nationale. Le prix de 1000 litres d’eau est à présent arrêté à 3 000 francs CFA, par rapport au tarif de 10 000 francs CFA auparavant pratiqué, avec une baisse pouvant atteindre 85 % lorsque les prix grimpaient jusqu’à 20 000 francs CFA. Le fût de 200 litres est fixé à 600 francs CFA, tandis que la livraison de 100 litres est établie à 300 francs CFA. Les paiements seront effectués directement à la livraison auprès des agents des Forces de Défense et de Sécurité. Un numéro vert sera communiqué dans les prochaines heures pour les commandes.
Au-delà de cette baisse tarifaire, les autorités procèdent à une réorganisation complète de la distribution de l’eau. Seuls les Corps de Défense et de Sécurité sont désormais habilités à assurer cette mission pendant toute la durée de l’état d’urgence hydrique. Le Corps des Sapeurs-pompiers, la Garde républicaine, le Génie militaire et la Gendarmerie nationale sont mobilisés pour garantir une distribution sécurisée, transparente et équitable au profit des populations.
Dans le même temps, des opérations de perquisition et de saisie conservatoire ont été engagées. À ce jour, 55 véhicules identifiés comme participant au commerce parallèle de l’eau ont été ciblés par les autorités. Le Gouvernement indique aussi que ces moyens de transport appartiennent, pour l’essentiel, à des ressortissants étrangers. Les installations frauduleuses d’approvisionnement ainsi que les sites de stockage irréguliers feront également l’objet de démantèlement.
Pour faciliter l’accès au service, le numéro vert 18 est mis à la disposition des habitants du Grand Libreville afin de centraliser les commandes, tandis que d’autres lignes seront progressivement ouvertes selon les zones de desserte.
En demandant aux agents de la SEEG de respecter les engagements pris lors des échanges récents et de tout mettre en œuvre pour rétablir rapidement la distribution d’eau dans les robinets, le Président de la République réaffirme sa volonté de restaurer un service public efficace et accessible à tous.
Les autorités rappellent que l’accès à l’eau potable constitue un droit garanti par la Constitution et préviennent que toute tentative d’exploitation illégale de la détresse des populations fera désormais l’objet d’une réponse d’une extrême fermeté.
À travers ces mesures exceptionnelles, l’État entend non seulement mettre fin à un système devenu particulièrement lucratif pour certains opérateurs illégaux, mais aussi rétablir l’autorité publique sur un secteur stratégique afin que l’eau potable soit distribuée dans le respect de l’intérêt général et à un prix réglementé.










